lundi 25 octobre 2010
Grève : Est ce que tu viens pour les vacances ?
Souvenez-vous, le 17 octobre dernier, Christine Lagarde et François Fillon assuraient que la pénurie d'essence n'aurait pas lieu. Maintenant, ils ne se prononcent plus sur la possible amélioration de la situation...
Depuis une semaine, il est très difficile de s'approvisionner en carburant et ce matin encore, 7 des 12 raffineries françaises ont voté la poursuite de la grève, les autres se prononceront dans la journée.
Les vacances de la toussaint ont débuté samedi et l'essoufflement tant attendu par le gouvernement pour ce qui s'annonce être la 3e semaine de grève commence sérieusement à les inquiéter. N'ont-ils pas sous-estimer la grogne et la ténacité des français ?
Madame Lagarde, elle, commence à "chiffrer" le coût de la grève (Aux grands maux les grands moyens !!!) et a également évoqué un «préjudice moral» pour la France, son image étant selon elle affectée à l'étranger par les incidents qui ont émaillé les manifestations. (Ben voyons...)
Par ailleurs, les lycéens, eux, continue la mobilisation, malgré les vacances et étonnent de plus en plus.
Jean-Baptiste Prévost, le président du principal syndicat étudiant, l'Unef, s'est interrogé à haute voix sur Canal Plus. «Je m'interroge: est-ce que les préfets n'ont pas eu pour consignes de faire monter la tension avec les jeunes de manière à montrer quelques images spectaculaires en fin de JT pour marquer des points dans l'opinion?» Et a dit continuer «à exiger des explications du gouvernement sur les consignes données aux forces de l'ordre dans l'encadrement des manifestations lycéennes».
Depuis quelques jours en effet, des vidéos et témoignages publiés sur le web soulèvent des interrogations :
Des manifestants ont affirmé avoir vu des hommes lancer des pierres et invectiver les forces de l'ordre pour finalement, quelques instants plus tard, revêtir un brassard de la police...Gênant, non ?
Surtout quand les politiques s'en mêlent : Jean-Luc Mélenchon s'interrogeait sur le sujet pas plus tard qu'hier sur France Inter.
Et si vous faites un petit tour sur le web, vous vous apercevrez que les témoignages sur le sujet sont nombreux et je dois le dire : inquiétants...
Cette année, les vacances seront : citoyennes !!
dimanche 24 octobre 2010
Quand le député Jean-pierre Brard prend la parole sur les retraites
Monsieur le député, je vous remercie pour vos propos justes !
Et je reprendrais l'une de vos phrases qui me semble résumer à elle seule le ras-le-bol actuel des français :
"On est pas patriotes quand on est avec ceux qui combattent les intérêts de la France"
Ils peuvent bien promulguer cette loi, je pense (et j'espère) que le peuple français continuera de se soulever contre ce gouvernement qui a créé et motivé ce conflit que nous vivons actuellement.
samedi 23 octobre 2010
Peace, Love et CRS...
Ce sont des photos prises par Gonzalo Fuentes (REUTERS).
Je voulais vous les faire partager...
le 21 octobre dernier
le 19 octobre dernier
Le reste des photos disponible sur ce lien : http://www.boston.com/bigpicture/2010/10/france_on_strike.html
Les commentaires en bas de page sont à lire aussi, notamment les n° 183 et 186, témoignages d'étudiants et de jeunes manifestants.
Je voulais vous les faire partager...
le 21 octobre dernier
le 19 octobre dernier
Le reste des photos disponible sur ce lien : http://www.boston.com/bigpicture/2010/10/france_on_strike.html
Les commentaires en bas de page sont à lire aussi, notamment les n° 183 et 186, témoignages d'étudiants et de jeunes manifestants.
Retraites Story, Qui va gagner la finale ?
Alors qu'hier soir le projet de loi sur la réforme des retraites a été adopté suite au "vote bloqué" demandé par le gouvernement, la mobilisation continue avec 2 autres journées d'action prévues les 28 octobre et 6 novembre prochain et la pénurie d'essence (celle qui ne devait pas avoir lieu...) mettra, selon François Fillon, quelques jours avant de se dissiper.
La raffinerie de Grandpuits, après avoir été réquisitionnée hier matin, a été débloquée hier soir (suite à la décision du tribunal de Melun qui a validé l'atteinte portée au droit de grève des salariés) et a finalement été re-réquisitionnée ce matin par le préfet (grotesque, non ?)
Parallèlement, c'est la bataille des sondages :
Les Français sont-ils pour ou contre la poursuite du mouvement contre la réforme des retraites ? Les jeunes ont- ils le droit de manifester ? Le projet de loi est-il juste ou injuste ? Etes vous pour ou contre le blocage des raffineries ?
Et le plus surprenant c'est que d'un sondage à l'autre, les chiffres sont sensiblement différents. Pourquoi ?
Le gouvernement est en train de manipuler l'opinion publique. A grands renforts de vidéos de casseurs (où vous pourrez librement faire l'amalgame entre jeunes et casseurs, c'est la même chose après tout, non ?), de menaces du type "en prenant en otage l'économie, les entreprises et la vie quotidienne des Français, on va détruire des emplois" (dixit Nicolas Sarkozy), en réquisitionnant des salariés en grève dans les raffineries (pour montrer à quel point la pénurie de carburant est proche et grave et dangereuse) et surtout en empêchant les journalistes de travailler...
Depuis la semaine dernière, des vidéos font le "Buzz" sur le web, des témoignages de manifestants aussi.
Dans cet article publié sur Rue89, on peut voir et lire un petit "medley" de ces journalistes qu'on matraque et qu'on empêche de travailler pendant les manifs : http://www.rue89.com/2010/10/22/comment-la-police-empeche-les-journalistes-de-travailler-en-manif-172756 notamment un journaliste de la BBC (Vive l'image de la France à l'étranger !)
Pourtant, les craintes qu'on veut créer chez les Français avec cette manipulation de l'opinion publique grâce aux médias, sont sans fondements :
- La France disposait début Octobre de 17 millions de tonnes de pétrole brut soit 98,5 jours de consommation (soit 8,5 jours de plus que ce que prévoient les obligations internationales)
- La fameuse "crise économique" résultant de la grève, dont nous menace le Président, est une menace fantôme : Eric Heyer, directeur adjoint de l'Observatoire français de conjoncture économique, estime qu'il faut "relativiser" l'impact des grèves et que l'impact social des grèves actuelles est vraiment marginal comparé à l'Euro qui est en baisse...(Interview pour le nouvel obs du 21 octobre 2010) http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/social/20101021.OBS1629/interview-l-impact-du-mouvement-social-sur-l-economie-est-derisoire.html
- Les fameux casseurs sont également des éléments marginaux mais ce sont ces images là qui sont retenues par les grands Médias et montrées telles des images subliminales aux Français. Des casseurs, il y en a toujours eu, dans toutes les manifs et vu la conjoncture actuelle et l'excitation dont font preuve les forces de l'ordre, on ne peut guère s'étonner que tout cela déchaîne un peu les passions...
Ce qui m'inquiète moi, au regard de ces différents éléments, c'est les raisons qui poussent le Président à utiliser cette technique du "pourrissement" de la grève.
Corinne Lepage, députée européenne dans un article publié sur lemonde.fr s'inquiète également et se demande si la stratégie de Nicolas Sarkozy ne serait pas celle de l'article 16 :
"Rappelons que cette disposition permet au président de s'arroger tous les pouvoirs lorsque les institutions de la République sont menacées d'une manière grave et immédiate, et le fonctionnement des pouvoirs publics constitutionnels interrompus."
Il faudrait peut-être ouvrir les yeux avant qu'il ne soit tard...
Illustration : le visuel de campagne de RSF (agence Saatchi & Saatchi).
vendredi 22 octobre 2010
Réquisition, à qui le tour ?
Demain débutent les vacances de la Toussaint. Après 6 journées de mobilisation contre la réforme des retraites, celle-ci sera votée d'ici quelques heures par le sénat.
Pourtant, ce matin, les Unes des grands médias en parlaient peu.
Autre information qui ne fait pas la Une et qui le devrait : la réquisition des salariés et du dépôt de Grandpuits en Seine et Marne, un des plus gros de la région Ile de France.
Rappelons que la réquisition est prévue par la loi sur la sécurité intérieure de 2003, que Nicolas Sarkozy a fait voter quand il était ministre de l'Intérieur. Elle stipule que le préfet peut réquisitionner tout bien, service ou personne, mais à certaines conditions :
- Atteinte au bon ordre
- Atteinte à la salubrité
- Atteinte à la tranquillité et à la sécurité publique
Dans une vidéo de BFM Tv ce matin, Charles Foulard, coordinateur de la CGT Total, après la réquisition à 3h10 exprime son indignation vis à vis de cette décision du gouvernement, validée par le préfet :
"Jamais on avait réquisitionné des salariés en grève, c'est inacceptable".
Les salariés grévistes du dépôt Total, l'un des bastions de la contestation sur la réforme des retraites, n'en resteront pas là puisqu'ils comptent contester la décision de réquisition devant le tribunal de Melun. Les salariés réquisitionnés vont porter un brassard blanc pour signifier qu'ils sont toujours en grève.
Maintenant je me pose une question : Où sont les atteintes au bon ordre, à la salubrité, à la tranquillité et à la sécurité publique dans ce piquet de grève ? En quoi cette mobilisation de salariés porte atteinte à notre pays ?
La fameuse pénurie de carburant (qui était sensée, rappelons-le, ne pas avoir lieu) à la veille des vacances, fait effectivement désordre, mais le fait de réquisitionner des salariés faisant valoir leur droit de grève l'est encore plus !!!
Ne nous démobilisons pas, continuons à faire "buzzer" ces informations capitales pour la suite des évènements, ce matin, d'après un sondage BVA, le nombre de français favorables à la poursuite de la mobilisation et des grèves est passé à 69%, il faut faire en sorte que ce chiffre continue à grimper !!
Leur réforme peut bien être adoptée, la France, par le passé en a déjà fait sauté plus d'une en se mobilisant, alors continuons, vacances scolaires ou pas !!
Vote bloqué au sénat, faites vos jeux, rien ne va plus...
Ce jeudi 21 octobre à 16h30, Eric Woerth a demandé aux sénateurs de se prononcer en "vote bloqué" concernant la réforme des retraites. Cette procédure, prévue à l'article 44-3 de la Constitution, permet au gouvernement d'obtenir que l'Assemblée se prononce par un «vote unique» sur les articles additionnels du texte encore à examiner, en n'y ajoutant que les amendements du gouvernement et les amendements des sénateurs acceptés par lui. En vertu de cette procédure, le gouvernement a mis de côté 228 des 254 amendements restants à examiner. Il souhaite que la réforme soit adoptée d'ici vendredi.
Pour résumer : Circulez, y a rien à voir, merci de ne pas manifester et de bien vouloir vous la fermer. Le ton est familier dans ma formule mais le fond est le même...
Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste a d'ailleurs réagi assez vivement sur le sujet :
"M. Sarkozy vient de décider d'imposer le vote bloqué au Sénat sur le débat des retraites (...) Après avoir braqué le pays en voulant lui imposer une réforme injuste, après l'avoir bloqué en refusant de reprendre les négociations, le président méprise le Sénat et la démocratie en coupant court aux débats(...)Après le débat interdit à l'Assemblée nationale, ce nouveau contournement du Parlement est scandaleux. Comment accepter que sur un sujet essentiel, qui engage le pacte social et républicain, on refuse aux élus de la nation le temps nécessaire au débat? Cette décision déshonore et discrédite le gouvernement et le président."
Seulement voilà, en même temps que cette demande de "vote bloqué" était faite à la chambre haute du parlement, l'intersyndicale se tenait et 2 nouvelles journées de mobilisation ont été décidées : le 28 octobre, au moment où la commission mixte paritaire députés-sénateurs devra se mettre d'accord sur les divergences des textes votés par les deux assemblées et le 6 novembre prochain, juste avant la promulgation de la loi.
En tentant de "passer en force" avec ce projet de loi, le gouvernement, selon moi, a tout faux.
Il espère l'essoufflement de la mobilisation pour cause de vacances scolaires, accélère les choses au sénat pour gagner du temps (autant se prendre les pieds dans le tapis devant tout le monde, c'est tout aussi discret), mise sur une dégradation de l'opinion publique envers les jeunes et les grévistes (grâce aux casseurs) et continue (malgré tout) à penser que les français vont vraiment agir comme ça ? Donnons lui tort !
Cet après-midi encore, Nicolas Sarkozy disait "qu'on a pas le droit de prendre en otage des gens qui n'y sont pour rien".
En ce qui me concerne, depuis 2007, bien que je n'y sois pour rien, je suis prise en otage dans mon propre pays, dont on bafoue les valeurs, le pays des "droits de l'homme" qui a perdu 33 places, se retrouve en 44e position sur la liste des pays qui respectent la liberté de la presse (Rapport de Reporters Sans Frontières pour 2010) et maintenant, non content de couper la parole à la presse, il coupe la parole aux français et à leurs représentants politiques. J'ai honte !!
Alors oui Monsieur Sarkozy, pour une fois je suis d'accord avec vous : on a vraiment pas le droit de prendre en otage des gens qui n'y sont pour rien.
Bientôt ce n'est pas le vote du sénat qui sera bloqué, mais tout le pays, et cela par votre seule et unique faute, car le seul preneur d'otages ici, c'est vous !
jeudi 21 octobre 2010
Désormais quand il y a une grève en France, le monde entier s'en aperçoit...
"Désormais quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit" avait lancé Nicolas Sarkozy le 5 juillet 2008 aux membres de l'UMP. Aujourd'hui, le Président de la république ne peut plus vraiment s'en vanter...
Alors qu'hier au sénat les représentants des groupes de gauche lui demandait de suspendre le débat sur la réforme des retraites, Nicolas Sarkozy campe ferme sur ses positions. L'intersyndicale se tient aujourd'hui pour savoir quelle suite donner au mouvement, les lycéens et étudiants descendent à nouveau dans la rue, des dépôts de carburants et des raffineries sont encore bloqués et 59% des français selon un sondage BVA sont favorables à la grève. Même les médias étrangers sont inquiets et se demandent comment la France va sortir de ce qu'on peut désormais appeler "un état de siège".
La réforme des retraites n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan que représente le "ras le bol" des français.
Le Président Sarkozy, au plus bas dans les sondages, s'enfonce dans des sables mouvants. Ce qu'il qualifie lui-même de fermeté ressemble beaucoup plus à de l'obstination voire à de l'inconscience.
C'est un fait : le mouvement ne s'essouffle pas, il se radicalise ! Nous sommes en droit de nous demander combien de temps le Président va mettre avant de prendre (enfin) les bonnes décisions, et surtout s'il est capable d'en prendre. La France en a ras le bol, les jeunes comme les vieux et tout le monde cherche une issue à ce conflit. La solution, Monsieur le Président serait peut-être que vous ouvriez les yeux et que vous minimisiez les dégâts avant la fin de votre mandat. Et par pitié, ne vous représentez pas aux prochaines élections présidentielles, ce serait vraiment grotesque...
mercredi 20 octobre 2010
Une histoire de capuches...
Extrait d'un article publié sur le site rue89 hier :
"Aux alentours du groupe scolaire Joliot-Curie, à Nanterre, pas un abribus, pas un panneau publicitaire n'a été épargné ce mardi matin par le passage d'une centaine d'adolescents.
Deux voitures au moins ont été incendiées et les vitres d'un restaurant ont été brisées. Les CRS ont d'abord tenté de les interpeller avant de se faire rapidement semer dans la cité Pablo-Picasso.
Certains « casseurs » seraient bien scolarisés dans les lycées de Nanterre mais les CRS refusent l'amalgame. L'un d'entre eux :
« Des lycéens ? Où ça ? Moi, j'appelle ça des délinquants. On n'est plus dans le mouvement de contestation. »Cinq lycéens, croisés en bas d'un immeuble de la cité Pablo-Picasso nient avoir participé aux dégradations, mais assurent avoir reconnu des « copains ». S'ils ne comprennent pas ce déchainement de colère, ils argumentent :
— « Ils ont fait une manifestation pacifiquement, la police n'a rien voulu comprendre, ils les ont gazés, ils les ont frappé en mélangeant [lycéens] et casseurs […]. C'est pour ça qu'ils ont commencé à casser les voitures. »Une dizaine de CRS passent devant l'immeuble. La petite bande applaudit les photographes et s'inquiète de l'attitude des forces de l'ordre à leur égard, craignant de se faire gazer.
— « C'est un peu excessif, non ? »
— « Bien sûr, c'est excessif de brûler des voitures, je ne sais pas très bien pourquoi ils font ça mais c'est sûr, demain ils vont continuer. »
— « Vous les connaissez ? »
— « Je connais des gens qui étaient là [lundi] et [ce mardi] mais il y en a qui sont au lycée et d'autres qui sont venus après la pub qui a été faite à la télé sur les casseurs. »
— « Moi personnellement, je ne connais pas de casseurs, mes amis, c'est seulement ceux qui font la manif pacifiquement et même eux, la police les a chargés. »
— « On a été gazés ce [mardi] matin. Les CRS, ils s'en prennent à nous parce qu'on est capuchés. Ils nous ont frappé. »
— « C'est vrai. Ils nous ont dit : “Si vous voulez pas vous faire frapper, enlevez vos capuches.” »
— « Et pourquoi vous les enlevez pas ? »
— « Ben, il fait froid. »
Les CRS ne s'arrêtent pas. L'un d'eux :
« On dit que c'est de notre faute s'ils s'excitent, on a reçu l'instruction de retourner au commissariat. » "Il faut croire que le port de la capuche ne sera pas très à la mode cet hiver...
Mobilisation des jeunes : Laissons-les réformer la France
Depuis quelques jours, et surtout depuis hier, ils font la une : les jeunes se mobilisent. Pour les retraites ?
Pas uniquement...
Dans une interview donnée mardi 19 octobre à la chaîne BFM Tv, Victor Colombani, président de l'Union Nationale Lycéenne, explique que les lycéens vont poursuivre le mouvement, il déplore également les incidents et la violence que l'on a pu constater en marge des manifestations. Mais il ne se montre pas dupe et trouve dommage que ces évènements que l'on médiatise (et qu'on attribue à tort à la seule responsabilité lycéenne) soient sans doute là pour détourner l'attention de l'opinion publique et l'emmener (encore) vers le débat houleux de l'insécurité et de la violence. Contrairement aux idées reçues, ces jeunes là ne sont ni bêtes ni manipulés par un quelconque parti ou syndicat, ils sont inquiets pour leur avenir...Et leur avenir, si ce n'est pas eux qui le préparent, ce ne sera sûrement pas le gouvernement de Nicolas Sarkozy. Comme le dit le jeune président de l'Union Nationale Lycéenne : "Ils sont en train de casser nos perspectives d'avenir".
Ces perspectives, en effet, ne suscitent pas l'envie :
Pas uniquement...
Dans une interview donnée mardi 19 octobre à la chaîne BFM Tv, Victor Colombani, président de l'Union Nationale Lycéenne, explique que les lycéens vont poursuivre le mouvement, il déplore également les incidents et la violence que l'on a pu constater en marge des manifestations. Mais il ne se montre pas dupe et trouve dommage que ces évènements que l'on médiatise (et qu'on attribue à tort à la seule responsabilité lycéenne) soient sans doute là pour détourner l'attention de l'opinion publique et l'emmener (encore) vers le débat houleux de l'insécurité et de la violence. Contrairement aux idées reçues, ces jeunes là ne sont ni bêtes ni manipulés par un quelconque parti ou syndicat, ils sont inquiets pour leur avenir...Et leur avenir, si ce n'est pas eux qui le préparent, ce ne sera sûrement pas le gouvernement de Nicolas Sarkozy. Comme le dit le jeune président de l'Union Nationale Lycéenne : "Ils sont en train de casser nos perspectives d'avenir".
Ces perspectives, en effet, ne suscitent pas l'envie :
- Précarité : D'après ATD quart monde : En France cette année 2,2% de personnes en plus vivent dans l'extrême pauvreté, dont 45% ont moins de 25 ans.
- Chômage : la France détient déjà un taux record en Europe dans ce domaine chez les jeunes (25%) et si les "vieux" travaillent plus longtemps, les jeunes ont encore moins de chances d'accéder à l'emploi rapidement.
Cette jeunesse "responsable" n'a rien à voir avec celle que le gouvernement s'imagine ou veut nous faire imaginer. La réforme des retraites et l'état critique dans lequel se trouve notre pays les concerne eux plus que quiconque. La semaine dernière, à gauche comme à droite, on se posait des questions sur le bien-fondé de leur présence dans la rue, aujourd'hui ils y sont toujours et compte y rester ! Beaucoup s'accorde à dire qu'il faudra composer avec eux, voire même que cette jeunesse pourrait être l'élément qui fera la différence dans cette mobilisation.
Pour ma part, je trouve qu'ils nous donnent une belle leçon de citoyenneté !
mardi 19 octobre 2010
Rêv(e)olution ?
"Réforme des retraites : L'insurrection vient-elle ?", "La France au bord de la rupture", "Au 6e jour d'action, la tension augmente dans toute la France", "Nouveaux affrontements à Nanterre : La grève en direct", "Retraites : manifs lycéennes ou scènes de guerilla urbaine ?".
Ce sont les titres de la presse ce matin en ce nouveau jour de mobilisation contre la réforme des retraites.
Même les médias étrangers s'en mêlent : le New York Times en a fait sa Une hier, en montrant à ses lecteurs une photo d'un dépôt enflammé...
On peut désormais se poser la question : le gouvernement en place vit-il dans la même France que nous ? Quand ouvriront-ils les yeux ? Même les chiffres sont flagrants : en 1995, lors de la réforme Juppé, le record était de 2,2 millions de manifestants le 12 décembre, il vient d'être battu samedi dernier : 3 millions.
Je parlais de mes impressions dans un précédent billet en notant que je pensais que la mobilisation contre la réforme des retraites n'était finalement que "l'arbre qui cachait la forêt". J'en suis désormais convaincue. La tension est montée de plusieurs crans en seulement quelques jours et elle continuera inexorablement à monter si notre gouvernement continue à se voiler la face. J'avoue avoir quelques inquiétudes, car notre président de la république ne nous a que trop habitués à régler ce type d'évènements par la répression et la provocation et s'il agissait encore de la sorte, il ne ferait que mettre le feu aux poudres.
Tout le monde attend désormais les résultats de cette nouvelle journée de mobilisation.
Peut-être que ce soir, certains compteront les manifestants plutôt que les moutons pour trouver le sommeil...
lundi 18 octobre 2010
Pénurie or not pénurie, that is the question...
Alors que depuis hier, le gouvernement nous jure ses grands dieux qu'il n'y aura pas de pénurie de carburant, des informations contradictoires arrivent de toutes parts. Notamment sur le site europe1.fr où l'on pouvait lire ce matin que l'U.I.P (Union des Importateurs indépendants Pétroliers) assurait que de nombreuses stations-service seraient actuellement en rupture de stock d'essence et de diesel, mais également que la situation serait très "préoccupante" en zone rurale. Michel-Edouard Leclerc, patron du groupe du même nom, indique même qu'il n'y aura plus de carburants dans ses stations-services d'ici la fin de la semaine. L'île de France serait la zone la plus touchée.
Pénurie or not pénurie ? Puisque l'on vous dit qu'il n' y en aura pas, ayez confiance ! Vous vous demandez ce que font toutes ces files de voitures devant les stations encore ouvertes ? A tous les coups des "mauvais français" qui ne veulent (toujours) pas écouter ce qu'on leur dit. Vous vous demandez pourquoi se tient une "réunion de crise" activé par M. Hortefeux en ce moment même pour assurer la pérennité du ravitaillement en carburant ? Le gouvernement a bien le droit de tenir les réunions qu'il veut après tout ! Mais attention, François Fillon, Christine Lagarde et les autres ne laisseront pas l'économie du pays bloqué par les excès de zèle de certains français minoritaires, ça JAMAIS ! En France, il y a les Compagnies Républicaines de Sécurité pour réouvrir les dépôts de carburant et pour éviter les débordements (ah?!). En attendant y a toujours les transports en communs (zut ! ils font grève eux aussi...) et puis vos pieds, surtout pour demain...
Pénurie or not pénurie ? Puisque l'on vous dit qu'il n' y en aura pas, ayez confiance ! Vous vous demandez ce que font toutes ces files de voitures devant les stations encore ouvertes ? A tous les coups des "mauvais français" qui ne veulent (toujours) pas écouter ce qu'on leur dit. Vous vous demandez pourquoi se tient une "réunion de crise" activé par M. Hortefeux en ce moment même pour assurer la pérennité du ravitaillement en carburant ? Le gouvernement a bien le droit de tenir les réunions qu'il veut après tout ! Mais attention, François Fillon, Christine Lagarde et les autres ne laisseront pas l'économie du pays bloqué par les excès de zèle de certains français minoritaires, ça JAMAIS ! En France, il y a les Compagnies Républicaines de Sécurité pour réouvrir les dépôts de carburant et pour éviter les débordements (ah?!). En attendant y a toujours les transports en communs (zut ! ils font grève eux aussi...) et puis vos pieds, surtout pour demain...
dimanche 17 octobre 2010
Mon pays, Mes réformes, Mes emmerdes...
Aujourd'hui, journée mondiale du refus de la misère, les chiffres tombent, ATD Quart Monde dénonce un accroissement du nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté en France : 2,2% parmi lesquels 45% de moins de 25 ans. Mais ce n'est pas tout :
Ajoutons à cela le durcissement du conflit qui oppose les français et le gouvernement sur la réforme des retraites, la pénurie de carburant annoncée, un jeune lycéen de 16 ans victime d'un tir de Flashball (Pour avoir déplacé une poubelle...), une loi sur l'immigration qui tend vers l'abolition de la double nationalité(particulièrement pour les personnes d'origine maghrebine, tiens donc???), l'Union Européenne qui attaque la France sur la libre circulation des citoyens européens (Car oui, un Rom est aussi un citoyen européen), sans parler de notre "Sarkogate" national : l'affaire Bettencourt qui ne cesse de nous apporter son lot de révélations chaque jour qui passe (Pas d'inquiétude, la fille est bientôt déshéritée et la mère bientôt internée)
La revue de presse cette semaine est assez édifiante.
Bienvenue chez moi : En France, le pays des droits de l'homme !
Le mouvement de grève face à la réforme des retraites n'est finalement que l'arbre qui cache la forêt.
La France a mal à ses jeunes, mal à ses vieux, mal à sa police, mal à sa croissance, mal à ses immigrés, mal à ses valeurs démocratiques : La France a mal tout court...
Alors qu'on nous promet un remaniement ministériel qui n'arrive jamais, la grogne générale s'installe, les français ont envie d'en découdre et on les comprend.
Par ce que nos très chères "Liberté-Egalité-Fraternité" dans la France de 2010, sont des valeurs obsolètes.
D'ailleurs, c'est quoi les "Droits de l'Homme" ?
samedi 5 décembre 2009
Le Métro...

L'usager du métro parisien passe son "pass" et se mêle à la masse des autres usagers sans jamais en calculer aucun.
L'usager du métro parisien lit "Métro" dans le Métro.
L'usager du métro parisien aime écouter sa musique seul dans sa bulle, remplir sa grille de sudoku, lire un bouquin, le journal, jouer avec son téléphone portable.
L'usager du métro parisien vérifie souvent et d'un oeil inquiet que personne n'a fait attention à lui et qu'il n'est pas encore arrivé à sa station.
L'usager du métro parisien se caractérise par une absence dans le regard, une tendance évidente au stress et aux râleries en tous genres.
L'usager du métro parisien court tout le temps, il court dans les couloirs, court dans les escaliers, court sur le quai pour s'engouffrer dans le métro parisien.
L'usager du métro parisien jette parfois un coup d'oeil distrait en direction de ses congénères et laisse échapper un soupir contraint.
L'usager du métro parisien connait toutes les lignes de métro par coeur et s'avère capable de trouver l'itinéraire le plus rapide plus rapidement que ratp.fr.
L'usager du métro parisien sait parfaitement comment optimiser l'espace autour de lui et des autres usagers aux heures de pointe.
L'usager du métro parisien connait malheureusement la définition d'un "accident grave de voyageur"
L'usager du métro parisien a vu des milliers de concerts de slameurs, de rapeurs, d'accordéonistes, de violonistes, de guitaristes...et dégaine parfois son porte monnaie pour payer sa place.
L'usager du métro parisien est capable de regarder jouer un enfant avec tendresse et l'instant d'après de se livrer à une guerre sans merci pour une simple place assise.
L'usager du métro parisien laisse vagabonder ses pensées et ses rêves, la tête contre la vitre, en regardant défiler les stations.
L'usager du Métro Parisien aime cette vie d'usager du Métro Parisien mais ne l'avouera jamais...
Paris

Paris, le bruit
et le silence
Paris, l'envie
et l'impatience
Paris, la vie
et l'insouciance
Paris, ses nuits,
ses espérances
Paris s'étire
et se reveille
Paris émerge
de son sommeil
Paris, la belle
et l'insoumise
Paris, rebelle
et incomprise
Paris, ses jours
et ses semaines
Paris, qui court
à perdre haleine
Paris, qui brille
dans le noir
Paris, scintille
dans mon regard...
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